Petite quinzaine de lecture espagnole avec :
Bilan :
Ken games 2 : toujours aussi bien. Les personnages prennent un peu plus d'épaisseur et l'histoire aussi grâce aux sous-intrigues qui s'entremêlent. Rien à redire sur le découpage, ni sur les dessins, un vrai bon moment de lecture (seul petit bémol personnel : j'ai du mal à accrocher aux noms des personnages, ils font vraiment artificiels (pas tous heureusement) mais je sais qu'ils servent de clins d'oeil au récit). On attend la suite avec impatience.
La mère des victoires : dans un futur moyennement proche, la guerre est devenue un programme de téléréalité avec sponsors et horaires de diffusion.
Le capitaine Raijuro, chef bourru d'un panzer, est en passe de devenir le commandant du nouveau modèle de mécha ultra perfectionné : la mère des victoires. Mais il se fait souffler le poste par un jeune capitaine, tout frais moulu de l'école militaire. Et comme si ça ne suffisait pas, il se trouve que ce jeune est le fils de son ancienne maîtresse, elle-même colonel de l'armée. Raijuro ne sait plus contre qui s'énerver et il doit en outre former de nouveaux élèves officiers.
Je ne parlerai pas du graphisme d'Enrique Fernandez (un peu particulier mais que j'aime beaucoup, personnellement) mais je m'attarderai sur le scénario. Bilan : peut mieux faire.
Attention, il y a de bonnes idées, mais trop sans doute. À vouloir traiter de la guerre, des méchas, de l'amour, des médias le tout avec une touche d'action, on se retrouve avec un ensemble un peu confus, un peu brouillon et des séquences zappées au profit d'autres. De plus, je trouve la narration un peu abrupte avec un découpage parfois rapide. Il aurait peut être fallu faire le tri ou étaler l'histoire sur deux albums.
Mais Enrique s'est largement rattrapé avec...
L'île sans sourire : Milander Dean est géologue et il débarque sur l'île de Yukulkany pour étudier ses roches. Ce personnage sombre et solitaire va faire la connaissance d'Eli, une petite fille à l'imagination débordante et pleine d'énergie. La rencontre risque de faire des étincelles.
Bon, présenté comme ça, ça a l'air complètement crétin mais je ne veux surtout pas spoiler l'intrigue alors j'en dis le moins possible.
Concernant le traitement de l'histoire, le plus simple est de dire qu'il y a du Miyazaki dans cette bd. À mi-chemin entre Porco Rosso, Ponyo et Mononoké on se laisse entraîner sur cette petite île perdue dans la mer des baleines et on découvre ce que les personnages cachent à l'intérieur d'eux-mêmes. La narration est fluide, le texte travaillé sans être pesant.
Le dessin est très organique et certaines cases sont de véritables tableaux. On sent que l'auteur s'est fait plaisir et ses planches n'en sont que plus éclatantes.
Lecture chaudement recommandée et ça peut aussi faire un très joli cadeau (de 8 à 88 ans).