
Ah
Mad Men... Il était temps que j'en parle, de cette bombe subatomique.
Au début, il faut bien admettre que la série a de quoi surprendre. Pas d'intrigues concrètes avec un fil rouge au fur et à mesure des épisodes, une multitude de personnages dont on suit le parcours autour de cette entreprise de publicité au début des années 60, et un budget limité qui contraint l'équipe à se restreindre à des intérieurs.
Puis vite, on comprend.
Mad Men, sous ses airs de série ne parlant pas de grand chose, en dit en réalité long sur toute une époque, sur un mode de vie en plein essor, sur toute la société occidentale aujourd'hui.
Les prémices d'un monde que l'on ne connaît que trop bien, et dont on mesure vite la portée entre cette époque et la notre, avec les changements qui ont vu le jour, bons ou non.
D'une élégance tout bonnement hallucinante, la série de Matthew Weiner prend du grade au fur et à mesure des épisodes, voit son budget grossir pour étendre son univers dans un soucis de pertinence constant et s'habille d'une mise en scène très cinématographique par sa retenue et son efficacité.
Mieux encore, elle se bonifie au fil des saisons et chaque personnage devient passionnant mais jamais prévisible, les scénaristes jouant autant sur notre satisfaction que sur notre frustration au fil de l'intrigue.
Mad Men est une série qui se laisse décanter et laissant le spectateur remettre les choses en perspective pour mieux prendre tout son sens et devenir indispensable.
C'est simple : j'avais pas vu ça depuis
Six Feet Under. Et Dieu sait combien la saison 5 (qui sortira fin 2012) va être longue à attendre, d'autant que ce sera l'avant dernière...