
Aaaahh, on l'aura attendu ce Human Revolution. La promesse de retrouvailles dignes des souvenirs impérissables d'un premier épisode jamais égalé et ayant posé des standards de gameplay souvent repris depuis.
Le résultat s'avère extrêmement frustrant, tant j'ai eu l'impression du début à la fin de jouer à un "Deus Ex" pour les Nuls.
Comprenez par là que le premier Deus Ex constitue parmi ce qu'on a fait de mieux en matière de liberté de jeu.
Vous pouviez y aller à la bourrin, butez tout ce qui bouge, ou bien finir le jeu sans tirer une seule balle et à la seule force de persuasion de votre personnage, doublé d'un sacré sens de l'infiltration.
On voudrait nous refaire la même ici, sauf que très vite on comprend de quoi il en retourne : il y a un chemin bourrin (la porte d'entrée) et un pour l'infiltration (foutus bouches de ventilation), tout en sachant que toute la mécanique du jeu vous pousse à privilégier la finesse, tant le bourrinage peut se révéler difficile, mais surtout long, laborieux, et dont le résultat ne vous rapporte rien. Vous avez l'impression que vous pouvez vous la jouer comme vous voulez, mais globalement, vous êtes mieux d'y aller tel un fantôme tant cette seconde méthode se révèle plus rapide.
Aussi le jeu voudrait vous faire croire que certains choix sont déterminants pour la progression.
Les choix en question se comptent sur les doigts de la main tant ils sont évidents et grossiers, le dit avancement étant très peu altéré en vérité. Surtout, pour un jeu prônant sa liberté, putain ce que c'est dirigiste.
Tu crois que tu vas passer ton temps à te balader dans des villes? Raté bonhomme, tu vas enchainer les quêtes dans des hangars et le jeu va même t'offrir des boss ultra casse couilles et dont la logique de bourinnage est en contradiction avec ce que le jeu voudrait être.
Ajoutez à cela un production design néo-futuriste donnant trop facilement dans l'imagerie crâneuse de kéké (trop classe le monsieur avec son grand blouson, on va lui rajouter des motifs asiatiques sur les épaules histoire que ce soit top fashion... Et puis ajoutons de la fioriture partout, pour que tout ce bordel ait l'air hyper compliqué) et un scénario dont le final ridicule annihile le peu de thématique intéressante qu'il proposait, et vous obtenez Human Revolution.
Plutôt sympa à jouer la plupart du temps, assez long, intéressant, mais auquel vous devez vous plier à une logique particulière de jeu (ça tombe bien, c'était la mienne) sous peine de vous cogner à toutes les limites régissant la linéarité que les développeurs tentent désespérément de cacher.
Clairement pas au rang de l'original, qui plus de 10 ans après sa sortie continue d'imposer son génie.