Re: Pacific Rim || Guillermo Del Toro
Posté : ven. juil. 19, 2013 3:57 pm
Un truc avec des nuages j'imagine
Ouais... Non.Basile a écrit :loval a écrit :Mais rontidju, qu'est-ce qu'il joue mal ce Charlie Hunnam! Channing Tatum aurait fait un meilleur boulot.
Oh, il ne m'a pas fallu des Jaegers pour l'oublier...Arkaron a écrit :Ceux qui oublient Cloud Atlas ont la mémoire courte.
On fait comme ça nous arrange, mais je suis prêt à parier qu'il ne faisait pas partie de tes films préférés de l'année au 31 décembre 2012.Basile a écrit :Cloud Atlas est sorti en octobre aux US, je le compte pas vraiment en 2013.
oceanlook a écrit :
oceanlook a écrit : Après, on a un twist qui doit normalement être un puissant levier émotionnel pour la suite du film:
Le "problème" de Pacific Rim, c'est pas que Del Toro emprunte des viaducs scénaristiques, c'est qu'il caractérise ses personnages par leurs actions et les interactions avec leur environnement... chose qu'on est hélas de moins en moins habitué à discerner. Je dis "on" parce que ces choses-là n'étaient pas non plus évidentes pour moi à la première vision, alors qu'au final, Del Toro parvient à faire passer beaucoup de choses en gardant des dialogues relativement réduits et même un peu cheesy en apparence, un peu over-the-top (comme l'exige un peu le genre). Donc au final, les dialogues de Pacific Rim ne sont pas (ou en tout cas, clairement pas tous) des dialogues Disney Channel, écrits en pilotage automatique.oceanlook a écrit :Bref, pour résumer, Del Toro emprunte non plus des ponts, mais des viaducs scénaristiques qui vident ses personnages de leur substance. Ils n'ont aucune personnalité, sont très influençables. Comment, dès lors, se soucier de leur sort quand ils sont enfermés dans leur tas de ferraille, face à des monstres très méchants? Ils ne provoquent tout bonnement aucune empathie car en fait, on ne les connait pas vraiment. Alors, on va dire que je chipote sur des détails, mais pour moi ces détails sont le moteur de l'histoire, ils donnent le ton, ils font basculer le spectateur dans le récit.
Bon et puis les dialogues, je crois qu'au fond de vous vous êtes d'accord, ça vole vraiment pas haut. Que du premier degré, aucune poésie, BEAUCOUP de conformisme et des bons sentiments à tire-larigot, de la punchline vraiment pas convaincante. Alors, ok, c'est un blockbuster mais je demande pas non plus du Polanski hein, mais quand même, un peu plus de finesse quoi. Certaines répliques bien envoyées sur le courage, sur l'amitié, sur l'espoir, bref, les BONS SENTIMENTS m'ont carrément fait détourner la tête de l'écran, parce que j'avais honte d'entendre ce genre de truc. Parce que je me fais une très haute opinion de Guillermo Del Toro, et que je l'attends ailleurs que sur des dialogues type Disney Channel. Mais bon, le truc c'est que tout ça reste quand même un délire de gamin gâté.
Euh... y a aucun second degré dans le personnage de Charlie Day. C'est dit au début du film : "we are not good at winning". Ça fait partie de la nature humaine de ne pas pouvoir considérer une menace uniquement comme une menace. Ça fait partie de la nature humaine de pouvoir tout considérer comme un objet de culte (la religion des kaijus), de dérision (les émissions de télé), de commerce (le personnage de Perlman) ou de fascination (le personnage de Charlie Day).oceanlook a écrit :Mais la connexion entre les deux blocs narratifs est totalement ratée et grotesque. Quand le super méga premier degré rencontre le second degré ça fait pas des chocapics. Moi ça m'embarrasse totalement.
Et pourtant, ça contient en germe tout un univers (une franchise, pour dire des gros mots) tant ça dessine une Terre chamboulée par les différentes étapes de la guerre des kaijus. Il y aurait beaucoup de choses (films, séries, BDs, jeux, etc.) sur les autres pilotes, sur comment on est passé du financement des jaeger à celui du mur, sur la adeptes des kaijus, etc...oceanlook a écrit :C'est certes ce qui se fait de mieux en ce moment, avec une poignée de films pas loin, mais ça ne fixe pas vraiment un nouvel horizon, ça n'ouvre pas de nouvelles brèches, ça ne propose pas quelque chose de totalement nouveau. C'est une brillante synthèse d'éléments déjà vus.
Là, je suis assez d'accord.oceanlook a écrit :Dernier point, et après j'arrête de parler, la musique. Eh bah la musique les gars, elle est toute pourrie. Elle ne correspond pas du tout à l'esprit épique, brave qu'appelle ce genre de film. Une bonne musique, c'est le truc qui te colle le frisson, le sanglot, au moment clé. Un truc que peut faire Howard Shore. Et là le thème il fait vraiment tache. Grosse tache auditive dans cette débauche de violence.
Si je reprends juste ce que tu dis dans cette fin de paragraphe, il n'est donc pas normal que le personnage change d'avis subitement, et qu'il soit de nouveau totalement opérationnel pour piloter sa machine. On a effectivement le bug de la dérive test mais le bloc de baston à Hong Kong prouve qu'il n'a rien perdu de son habileté, et qu'il est extrêmement résolu. On a donc bien, pour moi, un dilemme très important qui semble montrer que le héros n'est pas tout à fait prêt à se retrousser les manches, mais, dès qu'on est dans le feu de l'action il assure un max.NonooStar a écrit :Je prends un peu la relève de Basile...![]()
L'ellipse qui séparer Raleigh sur la plage du Raleigh sur le chantier du mur est peut-être violente, mais elle n'est clairement pas abusive. Considérer que Raleigh est guéri et reconstruit à ce moment-là, c'est un contre-sens par rapport au scénario. Quand on le retrouve, Raleigh est en train de construire le mur... ce mur qui est l'oeuvre d'une humanité apeurée qui a totalement perdu confiance en sa capacité à combattre. Donc non, Raleigh n'est PAS reconstruit à ce moment-là. Lui qui était au début enthousiaste à l'idée d'aller combattre construit désormais des murs... des murs physiques et mentaux, car comme il le dit, il ne veut plus drifter avec qui que ce soit. Il ne veut plus ouvrir son esprit à quiconque... et on le comprend, il a fait l'expérience directe de la mort en partageant les sensations de son frère.
NonooStar a écrit :
Stacker ne lui dit pas juste "Eh mec c'est l'apocalypse !" Il lui dit "Tu vas mourir. Toi, là. En tant qu'individu, je te dis que TU vas mourir. Alors tu préfères le faire dans un Jaeger ou ici ?" Et c'est super malin... parce que Raleigh sait déjà ce que ça fait de mourir dans un Jeager. Il l'a déjà ressenti, et finalement, "il en est pas mort", comme on dit. Donc au final, y a même pas de dilemme. Staker lui révèle qu'en fait, c'est moins effrayant d'aller piloter que d'affronter une mort inconnue.
Il n'est pas tout seul à piloter, il vient juste de se découvrir un nouveau binôme avec qui il est parfaitement compatible. C'est aussi pour ça qu'il est impatient d'en découdre, parce qu'il est à nouveau complet grâce à Mako. Une fois passée la première dérive foireuse, le feu de l'action leur fait oublier toute autre considération et ils se révèlent justement dans le vrai combat.oceanlook a écrit :
Si je reprends juste ce que tu dis dans cette fin de paragraphe, il n'est donc pas normal que le personnage change d'avis subitement, et qu'il soit de nouveau totalement opérationnel pour piloter sa machine. On a effectivement le bug de la dérive test mais le bloc de baston à Hong Kong prouve qu'il n'a rien perdu de son habileté, et qu'il est extrêmement résolu. On a donc bien, pour moi, un dilemme très important qui semble montrer que le héros n'est pas tout à fait prêt à se retrousser les manches, mais, dès qu'on est dans le feu de l'action il assure un max.
oceanlook a écrit :
De nouveau je pense qu'une punchline ne peut pas résoudre un problème d'ordre moral très important que le film installe lui-même. C'est pas un truc que je vais chercher pour chipoter. Si comme tu le suggères le mec n'est pas reconstruit, s'il est affecté par la mort de son frère qui a ôté du sens à sa vie c'est pas en se pointant avec une phrase bien tournée qu'on peut retourner cinq ans de solitude, de remords,tout ça. En tout cas c'est pas quelque chose que je suis prêt à accepter, même dans un blockbuster, surtout de la part de quelqu'un comme Del Toro.