Star Wars Episode II : L'Attaque des Clones de George Lucas (2000)
Après une
Menace Fantôme nanardesque et bien à côté de ces pompes, les fans de Lucas attendaient que le petit père remonte le tir avec cette Attaque des Clones. Autant dire que le résultat allait en refroidir plus d'un tant la catastrophe se pose là en une négation quasi complète de
L'Empire Contre-Attaque, démarrant le film comme une enquête policière dont on en a tout de même pas grand chose à secouer avant de passer par une romance et de finir par trois pirouettes scénaristiques tombées de nul part en une suite d'énormes batailles. D'un point de vue scénario, on atteint des sommets de ridicules et d'invraisemblances, avec un bordel politique phénoménal comme prétexte à un grand complot pour finalement amener un début de guerre où la surenchère de numérique (qui a bien vieilli...) et d'explosions dans ta gueule cachent la vacuité d'un scénario qui part totalement en couille et ne raconte surtout rien.
Là est bien le problème, Lucas retardant constamment ses enjeux et les séquences attendues depuis toujours, et amène finalement Anakin à tomber amoureux dans un lot de scènes dignes des feux de l'amour avant que celui parte sur un coup de tête sauver sa mère après avoir fait un rêve (ce qui en pratique est amené en 1 minute chrono...), avant d'aller faire un massacre sans nom dans le village qui a tué sa môman et que l'on ne verra pas puisque l'acte tragique en question est montré... 15 secondes hors champ. Et je n'exagère même pas. A côté de ça, la figure du sage qu'est Yoda est totalement niqué en le balançant dans une scène de fight durant laquelle on se demande si il faut rire ou pleurer, George Lucas semble avoir appris l'existence du léger travelling avant et t'en sors à tout va ce qui rend sa mise en scène tout de suite plus digeste, le production design over flashy renvoi à une bonne série B de SF bien pourrave (regardez une scène de la trilogie originelle juste après et vous allez comprendre...), Hayden Christensen à le charisme d'une moule à claques, l'introduction de Jango Fett fait office de fan service et tous les dialogues plus didactiques tu meurs te placardent en gros ce qui est en train de se passer au cas où tu n'aurais pas compris, parce que Star Wars c'est pour les enfants et que ceux çi ne peuvent pas comprendre la suggestion par la mise en scène d'après Lucas.
Surtout, il n'y a aucune puissance évocatrice, aucun souffle mythologique ou épique, c'est simplement chiant comme la mort et tellement vain que même Williams se perd et fourre dans sa bande son tout ce qu'il peut. On s'était déjà pris un nanar, voilà qu'on se mangeait un navet...
En bonus,
la réaction de McGregor lorsqu'il apprend le titre du film.
Star Wars Episode III : La Revanche des Sith de George Lucas (2004)
J'avais un bon souvenir de l'
Episode III et me rappelait que ça remontait le niveau de la prélogie. Là, je me suis pris une douche froide. Alors forcément, d'un seul coup la photo a tout de suite plus de gueule, les SFX en collent plein la tête (putain de plan séquence d'intro tout de même) et surtout, Lucas esquisse par moment ce qu'aurait du être toute la prélogie. Car le problème majeur de cet conclusion, c'est qu'elle comporte en vérité tout ce qui aurait du faire trois films. A trop retarder ce qu'il n'osait affronter, Lucas se retrouve à la moitié du film avec tous les putains d'enjeux à la con à résoudre, avec toutes les questions posées lors de la trilogie à répondre et à devoir faire le lien avec cette dernière.
Mais comment faire en une moitié de film ce qui aurait du en prendre 3 complets?
Résultat, on se mange un enchaînement ultra rapide de scènes bâclées dans lesquelles se déroulent des évènements censés être tragiques et dont la rapidité de traîtement annule toute dimension dramaturgique. Anakin se fait manipuler comme un bouffon par l'Empereur très très méchant en un quart d'heure dans des dialogues écrits par un gamin de 8 ans, avant que le vieux devenne encore plus vieux avec un maquillage dégueulasse (paie tes lentilles jaune sauce Twilight !) qui provoque plus le rire qu'autre chose, les Jedis se font latter la tronche en 5 minutes, Dark Vador provoque un fou rire lors d'un réveil absolument ridicule de par une mise en scène indigne et over the CGI qui balance par dessus bord toute sobriété, en plus de la gestuelle de mongolien et du "NNNNOOOOOOOOOOOOOOOOOO" foireux du bonhomme et Padmé meurt vite fait bien fait, le temps d'indiquer les noms des deux gosses qui sont envoyés illico presto là où il faut pour bien démarrer la suite.
Concernant les deux séquences sur lesquelles Lucas se concentre à la fin, à savoir le duel Anakin/Obi-Wan et Yoda/Empereur, on a d'un côté un festival d'effets spéciaux censé être épique parce que les sabres virevoltent aussi vite que le moulinet en l'air de Steven Seagal et qui n'a aucun souffle tant la mise en scène et le côté sur-numérique tue encore une fois tout, tandis que Yoda se fight contre un Empereur horrible et qui aime faire la grimace en riant pour montrer combien il est méchant.
C'est bâclé, les dialogues sont consternant de didactisme et de schématisme, la planète Wookies sort de nul part pour introduire Chewbacca, celle sur laquelle se trouve Grievous (plus mauvais méchant de la saga...) voit défiler les scènes inintéressantes avec Kenobi et son super destrier lézard. Là où ça fait encore plus mal, c'est que par instant on entre aperçoit ce qu'aurait pu donner le film, comme lors du dernier échange Kenobi/Skywalker auquel le drame semble revenir quelque peu ou lors d'une scène muette avec les regards Padmé/Anakin dont la sobriété fait mouche (peut être aussi parce qu'on a pas à se taper l'un de leurs misérables dialogues).
Au final, la trilogie originelle Star Wars est un monument du 7ème art et contient bons nombres de souvenirs, de scènes cultes tant elle dégage un souffle mythologique et une puissance émotionnelle forte. Compte tenu de cela, la prélogie avait toute la matière et le background adéquat pour s'imposer parmi les plus grands blockbusters jamais faits.
Résultat, on a deux films inutiles, vains et un troisième qui essai de rattraper la catastrophe en faisant un résumé d'une heure et demi d'une histoire qui aurait du faire une trilogie. Jamais la prélogie est épique et sa construction est si bordélique qu'en rien elle ne permet une quelconque force mythologique pourtant nécéssaire pour donner du souffle à un tel récit.
Une catastrophe comme on en a rarement vu dans l'histoire du cinéma, passionnante du point de vue de la psyché d'un George Lucas tellement dépassé par son succès qu'il doit en être venu à se haïr pour faire un foutoir pareil. Bon dieu ce que c'est triste.