Quelqu'un ici a-t-il entendu parler de
Casshern? (loval peut-être?)
Je viens de regarder ce film, et c'est comme sortir de deux heures d'hallucinations steampunko-super-héroïques sur fond dystopique, sans la moindre signification ni cohérence.
Voilà l’histoire : Vers la fin du 21ème siècle, la Confédération orientale (les Japonais quoi) remporte la victoire sur Europa après une guerre de 50 ans. Ils forment Eurasia, une tyrannie basée sur la supériorité de la race nippone. Cependant, quelques poches de résistance subsistent, en particulier la « Zone 7 ». C’est là que Tetsuyo, un intrépide jeune homme, se rend lorsqu’il s’engage dans l’armée. Pendant ce temps, au pays, son père, le Dr. Azuma travaille sur un projet qui pourrait aider à sauver l’humanité en pleine dégénérescence cellulaire (apparemment à cause de la guerre). Il met donc au point une espèce de bassin rouge composé de « néo-cellules » où trempent des
morceaux de corps humains.
Un jour, il apprend que son fils est mort et que son corps a été rapatrié. À ce moment-là, une immense
pointe de métal en forme d’éclair tombe du ciel (si, si), pile poil dans le bassin susmentionné. Pendant que le fantôme de Tetsuyo se ballade pour dire au revoir à sa famille et sa fiancée, des « mutants androïdes » émergent soudain du bassin et commencent à s’enfuir. Malgré les efforts de l’armée qui flingue tout ce qui bouge, quelques-uns réussissent à s’enfuir, capturant au passage la mère de Tetsuyo. Désemparé, le Dr Azuma transporte le corps de fils dans le bassin et le ramène à la vie. Seulement voilà : le processus l’a transformé en surhomme, et à présent il a besoin d’une
combinaison spéciale pour que la pression exercée par ses muscles ne déchire pas sa peau (si, si).
Pendant ce temps, les mutants se sont tournés vers les montagnes. Là-haut, ils trouvent une
citadelle qui sort du sol, avec une usine de robots de combat en bonus. Ils se nomment alors les « Néoroïdes », et décident d’attaquer l’humanité parce que personne ne les a acceptés une heure auparavant quand ils sortaient du bassin à néo-cellules. Ci-tôt dit, ci-tôt fait, les armées robotiques débarquent en ville et sèment la pagaille. Une femme néoroïde (la seule visiblement) vient capturer le père de la fiancée de Tetsuyo pour utiliser ses connaissances en robotique. Ce dernier étant peu coopératif, elle décide de le tuer en représailles. Le Tetsuyo régénéré sort de sa torpeur avec sa combi blanche fluo et après un combat à la spatialisation inexistante que tout anorexique devrait substituer aux doigts dans la bouche pour un résultat similaire, il plante une lame dans les intestins de la méchante fille. Son copain simple d’esprit (oui, chez les mutants androïdes aussi ils existent) l’aide alors à s’enfuir. La fiancée de Tetsuyo présente durant tout ce temps, l’aide à reprendre ses esprits. Ils courent donc jusqu’à la ville, où le chef des Néoroïdes guide son armée de robots. Tetsuyo s’énerve encore, et grâce à une transition parfaite entre musique mélancolico-électronique et heavy metal tout droit sorti d’une compilation des meilleurs morceaux underground dans les années 1990 au Japon, les deux hommes se lancent dans un duel complètement insensé aux influences DBZ/Saint Seya. Après moult fusillades, sauts surhumains et explosions, le méchant gagne la première manche et envoie le héros au tapis.
Quand le calme est revenu (après une des meilleurs transitions qu’il m’ait été donné de voir dans un film), le fils du tyran fait un coup d’état, les méchants découvrent que leur copine s’est faite planter, et les gentils trouvent refuge dans un village abandonné où un vieux type raconte à Tetsuyo comment c’était avant la guerre, et lui parle de Casshern, une ancienne divinité. Ô surprise, des soldats attaquent ensuite le village en question et Tetsuyo croise un de ses vieux potes soldat de la zone 7 qu’on sait pas ce qu’il peut bien foutre ici. Assumant son rôle de super-héros, Tetsuyo devient Casshern et affronte le Néoroïde super vénère ancien petit copain de la femme néoroïde précédemment assassinée par le héros (vous suivez ?). On remercie l’équipe pour une nouvelle soupe de guitares électriques surement appropriée à un clip vidéo, mais pas tellement à accompagner deux branlos en duel à l’arme blanche (sauf que cette fois, ils sautent pas dans les airs). Bon, Casshern, il se fait maîtriser mais ses néo-cellules le régénèrent, et il se relève pour finalement donner la fessée de sa vie à son adversaire.
Dans le même temps, la fiancée de Tetsuyo qui avait été capturée est libérée par le simple d’esprit pour une raison inconnue, et après que des personnages secondaires tuent d’autres personnages secondaires qu’on avait jamais vus, le Dr Azuma sort de nulle part et sauve sa fille. Ils se rendent alors dans la pièce du bassin, où le directeur des projets scientifiques du professeur les menace.
Soudain, et heureusement parce qu’on commençait à s’ennuyer, d’autres pointes de métal tombent du ciel et après une succession de plans inintelligibles, tous les personnages (Casshern, la fiancée, Azuma, et le chef des Néoroïdes) se retrouvent au même endroit. Le grand méchant décide alors de
faire renaître Tetsuyo pour faire de lui son petit frère. Ils partent, suivis de la fiancée qui ne sert toujours à rien. Dans son sinistre repaire, le Néoroïde montre à Casshern sa mère endormie nous dit-on, et le tabasse ensuite un peu plus, profitant de l’occasion pour caler son monologue philosophique.
Vient enfin le climax, que je vous laisserai découvrir, où tous les protagonistes se rassemblent autour d’explosions, de hard rock, de robots géants, de trahisons shakespeariennes, et d'images d'archives internationales de guerres diverses, pour finir sur un montage de scènes de la vie quotidienne dans notre monde des divers personnages de l'histoire, élevé d'un discours sur le sens de la vie en société (si, si).
La morale de tout ça, c’est qu’au Japon, c’est possible de produire un scénario qui n’a aucun sens avec un budget relativement important. C’est pour ça qu’on l’aime, le Japon.
Vraiment, vraiment conseillé si vous aimez le genre.