Hellboy a écrit :Cloud atlas
Parmi les différents avis publiés ici, je me rapprocherais de celui de Luciole qui a mis en avant le gros boulot de montage du film et les similitudes dans les intrigues. Mais en dehors de cet exercice formel, il n'y a pas grand chose dans le film à part un message gentillet du genre "l'amour est éternel" ou "l'espoir ne meurt jamais".
Pour moi, [...].
That's totally cool, dude. Ce film m'a fait abandonner toute véhémence argumentative au profit d'une ouverture complète à l'enrichissement de l'expérience cinématographique. Les Wacho n'ont jamais rien inventé substantiellement, et ça, ça fait bien des décennies que ça n'a pas été fait. On a pour ainsi dire abordé tous les sujets concernant l'humain un nombre incalculable de fois, et si nouveaux territoires à explorer il y a, ils viendront sans doute avec les avancées technologiques et l'évolution de l'éthique. Le reste... c'est une répétition sans fin des mêmes thèmes. Le seul moyen de les rendre encore intéressant, c'est de s'amuser sur la forme. Certes, l'intention de fond du film ne diffère pas vraiment de celles de leurs précédents, aux Wacho comme à Tykwer, et adopter un sujet auquel tout le monde peut s'intéresser était je pense la meilleure solution pour pratiquer leur exercice formel.
Formellement justement, tu cites Magnolia, ou d'autres films que je n'ai pas vu, mais dis-moi si je me trompe : aucun ne déploie une stratégie narrative similaire visant à refondre dans une seule temporalité et un seul cadre plusieurs récits que les caractéristiques de temps et d'espace opposent, et ce à l'aide d'un renvoie constant entre scènes, comme si chacune d'elle appelait logiquement la suivante malgré le fait qu'il s'agisse d'aventures différentes.
Niveau maquillages, c'est vrai que certains sont moins réussis, comme Weaving en coréen, bon... mais je crois qu'il s'agit surtout d'une invitation à voir par-delà la barrière des différences morphologiques entre ethnies qui cantonnent les noirs à jouer des rôles de noirs ou les femmes à jouer des rôles de femmes. Ça voudrait dire qu'un acteur, peu importe son talent, n'a pas accès à certains rôles parce que les conventions sociales qu'on a dressées l'en empêchent. Il y a eu des antécédents dans ce sens, mais jamais sur un casting entier (pitié, pas Eddie Murphy et sa famille de lui-mêmes, c'est le pire ennemi de l'idée défendue ici - Patrick Stewart en Othello sur scène, par contre, ça rejoint plus l'idée).
Moi c'que j'en pense, c'est que personne avant n'a eu les balls de fabriquer un film d'une telle ambition narrative et technique, et surtout sans placer la rentabilité du projet avant toute autre considération. Alors oui, certains maquillages foirent par moment... c'est quand même dommage de s'arrêter à ça (je sais que tu ne le fais pas, mais c'est le cas de certains spectateurs).