[phpBB Debug] PHP Warning: in file [ROOT]/ext/spaceace/ajaxchat/controller/chat.php on line 220: Trying to access array offset on false
CloneWeb - Le Forum • Vos derniers films vus - Page 499
Page 499 sur 597

Re: Vos derniers films vus

Posté : mer. févr. 05, 2014 11:34 pm
par Xidius
L'île des Miam-nimaux : Tempête de boulettes géantes 2 (2013) de Cody Cameron & Kris Pearn
C'est sûr que c'est moins l'avalanche de gags ahurissante du premier mais ça se tient cette histoire, malgré sa structure bateau.
Le film parvient à vrai dire à proposer une variante intéressante, cohérente avec l'univers de base, et qui offre quelques délires franchement funs (Les Su-Sheeps. Voyez, ça vous fait rire.), en plus de quelques hommages cools.
Surtout, je trouve que le gros du boulot, et là où je m'y attendais pas, se base sur l'animation elle même. Le film creuse la voie cartoon ouverte dans la 3D par Sony Animation Pictures depuis Hotel Transylvania et le mélange synthèse/dynamisme Tex Avery se révèle par moment dinguissime, notamment sur l'animation du héros ou du bad guy.
Au final, même si Miller & Lord (qui ont pitché l'histoire) auraient transcendé le truc à la réal, les mecs qui passent derrière eux leur font honneur, et c'est bien moins feignant qu'un Despicable Me 2 par exemple.

Re: Vos derniers films vus

Posté : jeu. févr. 06, 2014 12:09 am
par Arkaron
Il était une fois en Chine 2 & 3, de Tsui Hark
Immense. Du grand cinéma à chaque seconde qui s'écoule et thématiquement, c'est limite si Hark n'arrive pas à dépasser la richesse du premier. Il creuse donc du côté du rapport entre chinois et étrangers, avec cette secte ultra-raciste dévouée à une idole de pacotille, puis explore la façon qu'ont les chinois de réaffirmer leur grandeur nationale. Autre sous-axe passionnant : le rapport du héros xia à la technologie et son refus ambigu de la "modernité occidentale", avec en prime une métaréflexion sur l'introduction de la caméra et du cinéma dans l'univers wuxia, alors même que l'on témoigne en direct d'une des plus grandes sagas du genre ! En vrac : plus d'humour bien senti, un deuxième volet qui aurait peut-être gagné à être tronqué de 10 minutes (même si les combats sont hallucinants... en particulier le duel au bâton ><), superbe implication de Sun Yat-sen que je n'avais pas recroisé depuis le très couillu Bodyguards and Assassins, un danse des dragons finale totalement euphorisante et comme d'hab, un Jet Li dépassant les frontières du charisme.

Re: Vos derniers films vus

Posté : jeu. févr. 06, 2014 9:43 pm
par cloneweb
Last Days of Summer de Jason Reitman
Reitman filme de belles images du New Hampshire mais ne sait pas trop quoi raconter, c'est parfois (souvent) ridicule - à l'image de la fin du film.

Justice League : War
La bagarre ! C'est mieux réalisé que, au hasard, Superman vs the Elite mais ça ne raconte rien que la Justice League se tapant contre des bestioles d'Apokolips. Je me demande si l'histoire écrite par Geoff Johns était un peu plus intéressante ou pas.
En tout cas, si vous cherchez une vraie histoire avec un Darkseid impressionnant, y a Superman TAS.

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 7:21 am
par Xidius
Mea Culpa (2014) de Fred Cavayé
Ste déception. Pour Elle reposait sur un drame fort et surtout crédible, dans lequel Lindon était réellement un monsieur tout le monde qui assistait impuissant à la chute de sa femme et faisait tout, avec ses moyens terre-à-terre pour y arriver.
A bout portant, c'était moins creusé, mais la construction sous forme de course poursuite géante tenait le truc.
Là, les 20 minutes d'intro pour peser les bases m'ont semblées à l'ouest total. Entre le montage "heureux à la plage, accident babadoom", la nana serveuse qui se fait mater ou Lindon qui fait la gueule, tout était assez plat.
Du coup, quand ça démarrait vraiment, bah rien à foutre. :/
Je reconnais toujours chez Cavayé une intelligence certaine dans la manière de filmer l'action, d'autant que c'est assez imaginatif dans les situations (les deux coincés dans des toilettes mitraillées à tout va, pas mal) mais pour l'intrigue, tout est à l'image du score générique et larmoyant de Cliff Martinez (c'est vraiment Cliff Martinez qui a composé cette merde sérieux?).
Entre les scènes complètements gratuites (les vestiaires, wtf), la volonté prononcée de faire un cinéma de grande gueule qui donne un cachet limite beauf de bas étage et le flash-back révélation finale dont j'ai bien du mal à comprendre l'intérêt parce que le sujet du film est parasité d'une et que surtout, le schmilblick est fini à ce moment là, c'était pas la fête.
Clairement, si exactement le même film était fait par les ricains ou autre, je pense qu'on n'en aurait rien eu à carrer.

The Ryan Initiative (2014) de Kenneth Brannagh
Woooowwww ho ho ho! Attention les dudes, Kenneth is back!
Alors, au passage, on ressuscite la guerre froide, la CIA ressemble à une PME ayant 3 employés, la relation du couple principale est la plus cliché vu depuis des lustres, ils jouent tous comme des vaches ne croyant pas une seconde à ce qu'ils racontent, certains dialogues sont d'une ineptie totale, c'est mou du genou, la seule cascade un peu woaw (et qui termine le film) était dans toutes les bandes annonces, Patrick Doyle fait du John Murphy sans se fouler et surtout, qu'est-ce que c'est con. Le top, c'était le passage où Ryan appelle son employé de bureau en pleine opération sur le fil du rasoir pour lui demander le code d'accès. Genre la CIA laisse la survie économique du monde dépendre d'un connard dans un bureau qui n'a pas une seconde idée des enjeux et qui déconne au téléphone tranquillou pour un pauvre code à 6 chiffres.
C'était bien perrave quoi.

RoboPolicier (2014) de José Padilha
Je pensais le voir en DVDRip tranquillement chez moi puis finalement on avait deux heures à tuer avec la girlfriend, so...
Concrètement, c'est ce qu'on pouvait attendre : voir un mec avec des idées qui se démène comme il peut face à des producteurs qui rabaissent sans cesse le truc. Dans les bonnes choses, on garde un peu de subversion avec les scènes du Novak Element, certaines répliques de Michael Keaton qu'on sent impliqué dans son rôle comme Oldman et surtout le traitement de la transformation et du trauma de Murphy. La scène de découverte de son corps est de loin la meilleure du film d'ailleurs, c'est assez cool de voir un truc aussi violent psychologiquement dans un blockbuster.
Après, ça reste très calme, et l'intrigue n'est jamais à la hauteur, la tension ne variant pas d'un pouce sur l'encéphalogramme dramatique tandis que l'idée de corruption reste très en surface. C'est ça en fait, tout ce que le film aborde reste très en surface, comme si les mecs se refusaient à traiter dignement quoi que ce soit. Et la mise en scène de l'action étant générique au possible, le reste de la séance oscille entre ennui poli et vague intérêt. Pas une catastrophe donc, mais ce sera très vite oublié.

Les Raisins de la Colère (1940) de John Ford
La Grande Classe. Suivant une famille chassée de ses terres par l'industrialisation des terres agricoles aux USA durant la grande récession, cette fresque sur les laissés pour compte américains tape dans le mille par la tristesse infinie qui s'en dégage, et la dignité du traitement. Jamais pathos, tout le temps sur le point de vue de ses héros, John Ford filmait sans détour l'injustice d'un peuple abandonné, et même si ça met forcément un coup dans le moral, la beauté des personnages et de leur morale frappe en plein cœur.

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 4:34 pm
par Arkaron
RoboCop, de José Padilha
Et bah... pas mal en fait. Perso, le film de Verhoeven, je l'aime bien mais il n'a jamais fait partie de mes classiques (pas vu étant gamin). Donc bon, un remake, à la rigueur... et le mec sait tenir une caméra, c'est assez plaisant niveau dynamisme, même si au début, on se demande un peu ce qu'il fout à courir comme un clampin caméra à l'épaule (dans le bar là). ça s'améliore par la suite. Grand plaisir que de voir Keaton à l'écran dans un rôle d'ordure. Bon après, y a quelques problèmes d'écriture avec raccourcis, c'est sûr, et les quelques tonalités satiriques rappellent plus la régression des libertés de ton subies en 25 ans qu'elles ne constituent un réel point de départ d'une pensée. Comme le dit Xid', quelques belles scènes ponctuent le film, comme lorsqu'il se voit après l'accident.

Mea Culpa, de Fred Cavayé
Moué... je suis rentré dans la salle surement trop enthousiaste, parce que j'ai pas bien compris l'engouement... ni les scènes d'action d'ailleurs. Les plans sont beaucoup trop resserrés, Cavayé n'aère quasiment jamais ses scènes et surtout, elles durent trop longtemps, j'ai fini par m'en foutre un peu honnêtement. C'était pas mauvais du tout (les acteurs sont splendides et l'écriture beaucoup plus visuelle qu'orale des persos est vraiment agréable), mais de là à dire que c'est un renouveau pour le film d'action français, je sais pas... c'est jamais féroce comme les asiat' ou aussi bigger than life que les ricains, du coup on se retrouve avec un film qui étire ses séquences et ses idées au détriment du suspens (complètement évaporé au tiers de la scène du train pour moi), contrairement à A bout portant, qui se renouvelait bien plus habilement pour relancer l’intérêt du spectateur. Il a vu Matrix Reloaded, Fred ? Parce que quand on compare les idées de mise en scène entre les deux bagarres dans une voiture... voilà quoi, ça manque de singularité, d'une identité qui ferait qu'on s'en souviendrait après coup.

Moi, je trouve qu'il est surtout habile pour travailler avec ses personnages, qui prennent de la chair à mesure que le métrage avance mais qui limitent leurs dialogues et ça, c'est vraiment la classe. Cependant, dès qu'il s'agit de faire monter l'adrénaline non, je suis désolé mais ça ne marche pas. Regardez quand le malfrat poursuit le gamin dans les vieilles rues de Toulon... déjà, on dirait qu'il trottine mais en plus ça n'a aucune vivacité, y a qu'à comparer avec French Connection de Friedkin où on sent carrément l'énergie créée et dépensée par les mecs quand ils se poursuivent. Limite on est plus éreintés qu'eux après. Entre ça, une fusillade en boîte de nuit incompréhensible et un dernier acte manquant de dynamisme, y a bien que la scène dans le hangar rouge style giallo qui m'a intéressé d'un point de vue cinématographique.

Bref, je crois que le problème principal, c'est un certain manque d'ambition dans les chorégraphies... c'est peut-être idiot de ma part, mais dès que les mecs se prennent dans les bras et essayent de s'étrangler au lieu de s'envoyer des pains, je trouve que ça perd toute sa cinégénie, on se retrouve avec deux masses pas super distinguables (d'autant plus avec ces plans rapprochés) et surtout très statiques... et le dernier acte en est truffé (méchant russe étrangle Simon, méchant russe fait des guiliguilis à Alice, Simon charge méchant russe la tête la première,etc.)... battez-vous, merde ! Mais pas pour de vrai : c'est du cinéma, pas une vraie baston. Soyez dynamiques.

@Xid : par contre, c'est quoi qui t'a déplu dans le scène des vestiaires ? J'ai trouvé que ça permettait bien d'illustrer l'état d'esprit du mec (sans un mot, encore une fois), et elle avait été préparée en amont, donc ça se tient.

Seven Swords, de Tsui Hark
Bon, c'est peut-être aussi parce que je bouffe pas mal d'asiat' ces derniers temps, me direz-vous... :mrgreen: Quelques longueurs dans ce Seven Swords, qui galère quand même un peu à nous exposer tous ses personnages malgré une intrigue somme toute très simple à appréhender. Sans être exceptionnelles, les bastions sont plutôt cools et entraînantes (le final, madre mia !), et l'usage du découpage et de la caméra assez mobile, comme s'il fallait qu'elle suive les persos sur le champ de bataille, permet d'arriver à un résultat très intéressant au niveau de l'immersion dans le combat. Je l'avais pas revu depuis quelque chose comme trois ans et je crois qu'il me faudra le revoir d'ici quelques mois à nouveau.

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 4:48 pm
par Basile
Xidius a écrit : Entre les scènes complètements gratuites (les vestiaires, wtf),
En parlant d’épure, il y a une scène qui m’interpelle dans le film, et c’est celle qui se déroule dans les vestiaires des convoyeurs de fond. Ce n’est pas qu’elle me déplaît, mais il me semble presque qu’on pourrait la couper sans qu’elle manque à l’intrigue. Du coup, elle dénote un peu avec le reste du film, car cela doit être la seule qui me semble dispensable à la narration.

Oui je comprends, mais elle a son intérêt. Elle signifie que le personnage de Vincent accepte enfin son statut héroïque. Et il y a certainement des manières plus efficaces de signifier cela sans dévier de l’intrigue du film, mais pour moi, il y a également une notion de plaisir dans un film comme MEA CULPA. C’est typiquement une scène de western, et c’est comme ça qu’elle a été pensée, pour procurer du plaisir au spectateur. D’ailleurs, les spectateurs ont tendance à éclater de rire à la conclusion de cette scène. Je sais que je dis souvent que je suis pour l’épure narrative mais après, cela ne signifie pas qu’on ne peut pas laisser un peu de gras non plus.
Xidius a écrit : le flash-back révélation finale dont j'ai bien du mal à comprendre l'intérêt parce que le sujet du film est parasité d'une et que surtout, le schmilblick est fini à ce moment là


C'est le coeur du film. Mea Culpa est construit sur le concept de rédemption. Comme le dit Cavayé, "c’est aussi une œuvre noire qui devient de plus en plus solaire."
Arkaron a écrit : c'est jamais féroce comme les asiat' ou aussi bigger than life que les ricains
Arkaron a écrit :Bref, je crois que le problème principal, c'est un certain manque d'ambition dans les chorégraphies... c'est peut-être idiot de ma part, mais dès que les mecs se prennent dans les bras et essayent de s'étrangler au lieu de s'envoyer des pains, je trouve que ça perd toute sa cinégénie, on se retrouve avec deux masses pas super distinguables (d'autant plus avec ces plans rapprochés) et surtout très statiques... et le dernier acte en est truffé (méchant russe étrangle Simon, méchant russe fait des guiliguilis à Alice, Simon charge méchant russe la tête la première,etc.)... battez-vous, merde ! Mais pas pour de vrai : c'est du cinéma, pas une vraie baston. Soyez dynamiques.
En matière de scènes d’action, il y a un terme que vous employez pour définir l’action dans vos films, c’est celui de « réalité +1 ». Jusqu’où peut-on aller dans l’action en France, sans perdre le spectateur ?

C’est une question que je me pose régulièrement. Quand il s’agit de cinéma américain, les spectateurs ont un filtre particulièrement généreux. Mais pour le cinéma français, ça ne passe pas. Quand je dis que je fais de la « réalité + 1 », pour certains tu as l’impression que c’est du « + 200 » ! Parfois, les spectateurs me parlent de chutes de 60 mètres de haut qui ne sont pas dans le film, et c’est une question de proximité, car cela se déroule dans un cadre qui leur est familier. Récemment, Vincent me racontait justement qu’il avait été interpellé sur la violence du film par un spectateur qui lui disait que MEA CULPA était très dur. Vincent lui a demandé s’il avait vu TAKEN, qui est quand même plus violent et le type lui répond que ce n’est pas pareil, là on est dans le cinéma ! Pour lui, MEA CULPA était plus violent car il n’y avait pas de filtre, pas de barrière de la langue, pas d’acteur étranger. Tout lui était familier, le TGV, l’acteur qui jouait le maître-nageur qui traverse la manche dans WELCOME, donc la violence était décuplée. Après, en ce qui me concerne, c’est vrai que j’aime filmer des bastons qui semblent vraies. Je préfère un coup mal placé qu’un bel enchaînement de quatre patates bien placées. Mes personnages ne font pas du kung-fu, on parle de Vincent Lindon quand même, pas de Liam Neeson, donc il faut rester crédible. Mais c’est vrai que je dois rester vigilant, déjà qu’on me reproche parfois qu’il y ait trop d’action dans MEA CULPA !

La source : http://www.capturemag.net/sur-ecoute/action-et-verite/

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 5:05 pm
par Arkaron
Je l'ai lu déjà, hein. :mrgreen: Mais justement, moi je ne le trouve pas très violent. Les gens qui pensent que le freinage du train est violent n'ont jamais regardé de films brutaux... Et non désolé, mais Cavayé pense bizarrement : c'est pas Vincent Lindon, c'est le flic Simon. Moi, je m'en branle que Lindon ne sache pas se battre dans la vraie vie, c'est une approche contre-productive. Aucun des acteurs qu'on voit se batte au ciné ne sait vraiment se battre, même dans Matrix, ils balancent des chorés répétées encore et encore en amont. Y a deux-trois exceptions en Asie par exemple mais même là, les mecs ne sont jamais aussi bons en vrai. Je lui demande pas de faire du kung-fu hein. Il fait du kung-fu, McClane ?

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 5:41 pm
par Xidius
C'est bien gentil ses intentions, mais je les ressens pas du tout.

Les vestiaires, je trouve ça bête. Vraiment. Évidemment qu'on comprend que Lindon d'un seul coup décide d'agir, mais merde, le coup du petit employé qui se fait péter la gueule par son connard de collègue, really?
(surtout que le type en question fait bien 3 Vincent Lindon donc niveau coup choc improbable, ça se pose là)

Re: Vos derniers films vus

Posté : sam. févr. 08, 2014 10:53 pm
par cloneweb
Byzantium de Neil Jordan
Enfin vu. C'est un peu long à se mettre en place, un peu long à comprendre où ils veulent en venir mais une fois qu'on sait ça devient très bien. Très jolie mise en scène.

Re: Vos derniers films vus

Posté : dim. févr. 09, 2014 8:50 pm
par Xidius
En ce moment, c'est rétrospective Howard Hawks au Grand Action. Donc on s'en jette un paquet. Ceux du jour étant...

Allez coucher ailleurs (I Was a Male War Bride) (1949)
Ca commence avec Cary Grant et Ann Sheridan en Europe durant la Seconde Guerre Mondiale, qui partent malgré eux en mission sans pouvoir s'empêcher de s'en mettre plein la tronche sur le chemin. Et au milieu, rupture soudaine, et le film confronte l'absurdité de la vision machiste de l'armée, et l'égalité homme femme testée de plein fouet par un Cary Grant déboussolé. Le duo de comédiens possède une telle alchimie que Hawks se foule pas à la mise en scène, et en même temps il a bien raison : les répliques fusent, les situations délicieuses aussi, et malgré un coup de mou au milieu, tout ça passe à la vitesse de l'éclair et fait preuve de malice sur son sujet, notamment avec l'image de Grant que ce dernier malmène avec plaisir.

Chérie, je me sens rajeunir (Monkey Business) (1952)
Ce coup çi, Grant toujours joue un scientifique qui invente une formule permettant à quiconque la boit de rajeunir dans sa tête, se retrouvant avec un esprit vigoureux et foufou de 20 ans. Il va en faire les frais, avant que ce soit sa femme qui s'y mette. Alors là, on est dans la pure screwball comedy loufoque et délurée, avec des numéros d'acteurs foufous, des quiproquos farfelus et un paquet de scènes hilarantes. De la balle.

Re: Vos derniers films vus

Posté : mar. févr. 11, 2014 3:26 am
par Xidius
L'Impossible Mr.Bébé (Bringing up Baby) (1938) d'Howard Hawks
Le précurseur des films vus précédemment en quelque sorte, avec encore Cary Grant qui ce coup çi voyait sa vie malmenée par Katharine Hepburn et un Léopard, le fameux bébé du titre. Assez délurée, cette comédie somme toute sympathique souffre ceçi d'un petit problème : elle ne fonctionne qu'au quiproquos. Tout le scénario est structuré sur une suite de quiproquos, ce qui a tendance à vite lasser, tout comme la dernière partie s'étire inutilement en longueur.
Bref, c'est pas Monkey Business, mais ça reste tout de même chouettos.

Re: Vos derniers films vus

Posté : mer. févr. 12, 2014 1:03 am
par Xidius
La Valse des Pantins (The King of Comedy) (1983) de Martin Scorsese
Ce qui me tue, c'est combien le film est toujours d'actualité aujourd'hui, peut être même encore plus avec l'arrivée de la téléréalité. Déjà parce qu'il y a quelque chose de profondément triste dans ce personnage qui s'imagine au sommet alors qu'il est un énième type rêvant de gloire, ensuite parce que le récit joint la fiction et le rêve adroitement avec un malaise se faisant bien ressentir, et enfin parce que la conclusion montre avec brio la perversité du système et du show business.
C'est balèze.

The Thing from Another World (1951) de Christian Nyby & Howard Hawks
Au delà même de voir les bases du Carpenter, l'intérêt du film réside dans le traitement d'un tel sujet pour l'époque. Et c'est très bizarre, puisqu'on se demande si c'est vraiment fait pour faire flipper ou pour se détendre tranquillou tant les mecs n'ont jamais l'air sous tension, traitant le problème d'un monstre à affronter sans manquer de parler de tout et de n'importe quoi à côté en se blaguant et autre. Outre ce paramètre qui casse pas mal l'implication, c'est assez lent, la créature en soit est naze (c'est un Frankenstein bis) et il est évident que Big John a transcendé le matériau de base en amenant mystère et insalubrité.

Re: Vos derniers films vus

Posté : ven. févr. 14, 2014 11:59 am
par loval
Arkaron a écrit :L'hirondelle d'or, de King Hu
Dommage que le film ait un peu vieilli (je suis sûr que les gens ne regardant jamais de cinéma asiat' seraient paumés) parce que le traitement de l'art martial en tant que danse, avec la mise en scène opératique, est remarquable. Gros jeu sur les masques et l'identité réelle des personnages aussi, qui ne cessent de surprendre. Indispensable.
Qu'est-ce que c'est beau... et si classe!
Arkaron a écrit :Il était un fois en Chine, de Tsui Hark
Bordel à cul de nom de dieu de chiure, qu'est-ce que ça claque... Une ambition folle mêlant portrait d'une culture aux prises avec les envahisseurs occidentaux et fresque wuxia monumentale, avec des chorés sublimes et une réal' organique totalement maîtrisée qui transporte littéralement le spectateur. Musique dingue, Jet Li inhumain. Du très, très grand.

Je me remets gentiment dans le bain donc, mais je sens poindre une petite exploration du film de sabre histoire de me rafraichir la mémoire et pallier quelques manquements. :D
OUI OUI OUIIIIIIIII! :wouhou:

Re: Vos derniers films vus

Posté : ven. févr. 14, 2014 12:01 pm
par loval
Xidius a écrit :L'Impossible Mr.Bébé (Bringing up Baby) (1938) d'Howard Hawks
Le précurseur des films vus précédemment en quelque sorte, avec encore Cary Grant qui ce coup çi voyait sa vie malmenée par Katharine Hepburn et un Léopard, le fameux bébé du titre. Assez délurée, cette comédie somme toute sympathique souffre ceçi d'un petit problème : elle ne fonctionne qu'au quiproquos. Tout le scénario est structuré sur une suite de quiproquos, ce qui a tendance à vite lasser, tout comme la dernière partie s'étire inutilement en longueur.
Bref, c'est pas Monkey Business, mais ça reste tout de même chouettos.
Oh qu'est-ce que j'ai ri en regardant celui-là. Il y a une telle fraicheur dans ce film, qui reste encore un modèle aujourd'hui.

Bien du plaisir avec la rétro Hawks!

Re: Vos derniers films vus

Posté : ven. févr. 14, 2014 11:27 pm
par loval
Bullet in the Head (John Woo, 1990)
Image
Juste après The Killer, John Woo signe ce grand film sur l'avidité humaine et les désastres de la guerre, dont le scénario était supposé être celui du Syndicat du crime III (mais comme lui et Tsui Hark se sont embrouillés pendant le tournage du deuxième, Woo a quitté la franchise). Tout en s'appuyant sur un construction en parallèle (situations et personnages se font écho à travers le film), Woo livre un film très cru, violent (le film porte bien son titre) et surtout très dramatique. Même si le film comporte énormément de scènes d'action (c'est la fête aux squibs et aux effets pyrotechniques), Woo reste un grand romantique dans l'âme et disperse beaucoup d'éléments dramaturgiques qui étoffent son récit. Celui-ci devient par ailleurs de plus en plus noir dans sa deuxième partie. Tony Leung, Jacky Cheung et Simon Yam dominent le casting (excusez du peu), et Woo emballe le tout avec la maestria qu'on lui connait. Bref, c'était la classe.

The Bride With White Hair (Ronny Yu, 1993)
Image
Avec ce film Ronny Yu adapte un roman culte de la culture chinoise contemporaine, avec Brigitte Lin et feu Leslie Cheung dans les rôles principaux. J'ai été soufflé par le parti pris esthétique, Yu s'adonnant sans compromis pour le gothique romantique, avec des tons très sombres que des filtres et couleurs très marqués (principalement le rouge et le bleu) viennent contraster. Yu livre sans doute sa meilleure réalisation à ce jour (du moins de ce que j'ai pu voir jusqu'à maintenant); tout est d'une fluidité et d'une précision folles. La violence graphique participe totalement au ton baroque et opératique du film; ça charcle mais dans un lyrisme coloré. Je regrette toutefois que plusieurs scènes de combat souffrent d'une forme de ralenti plutôt rebutante (sauf erreur, cela doit être du 12 images par seconde avec chaque photogramme dédoublé) qui à mon goût ne se justifie pas et qui rompt la fluidité du film. Dommage, on était pas loin du chef-d'oeuvre!