Histoire de fantômes chinois, de Ching Siu-tung
Je me suis bien marré, d’autant que certaines scènes sont très réussies et parviennent à jouer sur plusieurs registres en même temps. L’Evil Dead oriental avec moins de gore et plus de taoïsme.
Un seul bras les tua tous, de Chang Cheh
Encore plus magistral que je m’en souvenais : des plans d'une composition très sophistiquée et l'un des plus beaux Shawn Brothers (ces scènes enneigées !), servant une tragédie captivante et posant les bases d’une tradition née dans le bain primordial de l’honneur et de la trahison.
Le bras de la vengeance, de Chang Cheh
Suite qui repose sur un scénario multipliant les rebondissements pour justifier les motivations du héros. C’est donc plus mécanique, mais ça fonctionne quand même, en plus d’inscrire les poncifs du tournoi et du groupe de maîtres du kung fu dans la tradition wuxia.
La rage du tigre, de Chang Cheh
Meilleur épisode de la saga selon moi, surtout grâce au tandem de héros et à l’antagoniste représentant d’une justice corrompue par le désir de postérité. Des combats assez fous, surtout une fois qu’on arrive au temple du tigre, avec des chorés super dynamiques et une caméra placée là où il faut.
The Blade, de Tsui Hark

Holy shit. Loval n’avait pas menti sur la marchandise ! Relecture ultra nerveuse du sabreur manchot à base de violence sadique, de croyants bouddhistes douteux, de fantasmes malsains et de narration fragmentée (semblant d’abord manquer de liant, mais qui finit par faire corps avec l’univers en perdition qui nous est présenté). ET CES COMBATS, BORDEL. Un tourbillon cinétique ET cinématographique implacable qui donne l’impression de sentir l’énergie surhumaine déployée par les combattants, cela grâce à des chorégraphes monstrueux enchainant les danses martiales hypnotisantes et surtout aux techniques de mise en scène de Hark, qui crée en quelque sorte le mouvement par la découpe, et modifie légèrement la vitesse de certaines images pour un résultat encore plus frénétique. Personnellement, je n’avais jamais vu ça, ou en tout cas, jamais vu quelque chose d’aussi fou et enivrant en termes de combats. J’étais bouche bée devant l’écran, ne revenant pas qu’on puisse créer un tel dynamisme dans l’action. Sans compter que Hark fabrique des scènes complètement uniques et saisissantes en dehors des combats également (quand Ding-on en apprend plus sur son père pour la première fois, c’est un mindfuck total aux tendances depalmesques… sauce HK). J’ai hésité à le revoir tout de suite après, mais me suis dit qu’il valait peut-être mieux le laisser décanter un peu avant. ‘Fin bon, ça fait un peu chier quand même. Maintenant je vais m’ennuyer sec devant tous les autres films d’action ! CES COMBATS BORDEL.
Le temple du Lotus Rouge, de Ringo Lam (Burning Paradise in Hell, en anglais)
Très impressionnante production Tsui Hark dirigée par le talentueux Ringo Lam. Un épisode de l’extermination Shaolin par la dynastie Qing, avec des guerriers emprisonnés par un ancien général sadique dans une espèce de donjon médiéval aux allures horrifiques. Beaucoup de combats et de souffrance, avec quelques morts déviantes à la clé mais surtout des plans assez dingues, particulièrement dans le dernier tiers (le donjon en flammes !). Bref, malgré un final relativement WTF avec son méchant mégalo qui se bat à coups de goutes de peinture (si, si), c’est un film quand même très sombre et violent qui perpétue la tradition historiographique chinoise avec une véritable réflexion sur la pertinence de la religion bouddhiste et la capacité de ses croyants à réellement suivre ses préceptes. Du wuxia « grim’n’gritty », si j’ose dire.
Le retour de l’Hirondelle d’or, de Chang Cheh
Suite à Come drink with me (L’Hirondelle d’or), que j’ai trouvée très étrange. Cheh retourne un peu l’approche de Hu en transformant la série en truc macho-machiste, recalant ladite hirondelle au rang de second rôle, objet des désirs de deux épéistes dont l’un, Rock d’argent, est un badass sans borne qui étripe truand après truand pour attirer l’attention de son amoureuse. Pas mal d’iconisation, des idées de mise en scène toujours efficaces avec Cheh, et des combats bien sympathiques tout de même, mais je ne me remets pas de la différence de ton je crois.
Les 14 amazones, de Kang Cheng
Récit ambitieux de 14 veuves qui prennent les armes et lèvent une armée pour venger la mort des hommes de leur famille et reconquérir leurs terres. Ça pédale très sévèrement dans la semoule au début, avec une exposition interminable et filmée on ne peut plus platement (la fadeur penche même franchement du côté de la laideur dans certains plans). Heureusement, ça devient un peu plus excitant dès que l’armée se met en marche, et enchaîne les affrontements, embuscades et exploits guerriers. Quelques passages plutôt violents, et d’autres carrément insensés (où les mecs forment un pont humain pour traverser un ravin), avec aussi deux-trois raccourcis scénaristiques assez pourris… un bilan mitigé donc, mais l’ensemble est sauvé par une poignée de combats très cools et son statut de précurseur (c’est un peu l’inspiration de Saving General Yang !).
True Legend, de Yuen Woo-ping
La bande-annonce vue il y a quelques années ne m’avait pas franchement parlé, mais au final, c’était très sympa. Yuen se fait plaisir pendant 1h45, et nous comble par la même occasion de combats magnifiques et on ne peut plus lisible. Bon, niveau écriture, la dernière demi-heure n’a plus grand-chose à voir avec le reste, mais ça ne déstabilise qu’un instant. Une œuvre pas transcendante mais assez appliquée.
Le secret des poignards volants, de Zhang Yimou
Long, pénible, esthétiquement surfait, scénaristiquement à refaire, avec des combats filmés par un grabataire qui n’a aucun sens du rythme et des gens qui baisent dans des champs de bambous et de fleurs sur une musique pleurnicharde. Insupportable.
Blade of Fury, de Sammo Hung
Hmm… pas du tout ce à quoi je m’attendais. Un contexte historique intéressant et un joli travail sur l’image accompagnent un scénario pas toujours limpide mais bien travaillé pour faire monter la tension. Mais le plus attrayant, c’est que Hung enchaine les expérimentations de mise en scène dans ses combats, avec beaucoup de câbles mais aussi des angles et des raccords inhabituels qui viennent bousculer nos habitudes. Ce n’est pas toujours dans le mille, mais quand ça marche, c’est assez cool. Au final, ce qui dérange le plus, c’est cette indécision de ton, qui propose aussi bien des morts déviantes bien marrantes qu’une gravité mélodramatique que j’ai trouvé efficace (punaise, la scène d’exécution sur la place du village, j’avais la gorge nouée).