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par Hellboy » dim. juin 29, 2014 4:54 pm
Man of steel.
Oui, je sais, je suis l'ambulance qui arrive sur le front en 1947, mais bon, clone m'a demandé un avis, donc ayant vu le film tranquillement sur canal plus ce weekend, j'en parle maintenant. Je n'ai rien relu de tout ce que vous aviez écrit à l'époque, désolé pour les redites et je ne sais pas si je vais encore spoiler quelqu'un mais au cas où, je préviens, je SPOILE.
En fait, je n'étais pas plus motivé que ça pour aller voir le film lors de sa sortie en salle et bien m'en a pris, je crois, parce que j'aurais un peu râlé d'avoir perdu mon temps et mon argent. Mais j'aurais surtout râlé par ce que les gars qui ont fait le film ont négligé un règle ESSENTIELLE de l'écriture de scénario et ça, ça m'a vraiment mis en colère.
Parce que le film ne commençait pas trop mal, hein, pas subtil pour 2 ronds (hey, c'est Snyder et Goyer, mon gars, n'oublie pas), certes, mais pas trop mal. On arrive même à des scènes assez émouvantes, comme la mort du père (et pourtant dieu sait qu'elle est conne cette scène). S'en suivent des bastons dévastatrices qui ont commencé à m'énerver mais bon passons, soit, on accepte et puis... et puis on arrive à une fin, comment dirais-je... quel est le terme technique, déjà...? une fin...
Ah oui ! une fin de merde.
Attention, je ne parle pas de ce non-sens absolu qui est de voir Superman tuer un adversaire, non, je parle de tout ce qu'il y a autour et ensuite. C'est ramassis de conneries crasses. Et c'est là que la règle évoquée plus tôt s'applique : ON NE FINIT JAMAIS SUR UNE FIN MERDIQUE. Eh oui, une bonne fin sauve toujours un film, au moins pour 5 minutes, le temps que le spectateur sorte de la salle et monte dans son moyen de transport. Ici, c'est tout l'inverse. Ça commence avec le baiser à Lois Lane : Superman fait une blague. Le gars fait une blague ALORS QUE LA VILLE EST DETRUITE ! à partir de là, ça doit être un stagiaire de 3e qui a finit le scénar : Zod réapparait et les deux copains vont détruire ce qui reste de la ville et les gens sont toujours là ! dans la rue, ou au boulot, nickel, on reste là, ya pas de problème, tiens, on va même prendre le train à la gare, bien sûr, ah tiens, ya 2 aliens surpuissants qui se battent dans la gare, ben, on va se plaquer contre le mur et ne pas bouger, même si l'un des deux nous tire dessus avec des lasers d'oeil. Ouhlàlà, ça chauffe, ah bé, ça y est il l'a tué, on est sauvé. Fin merdique 1.
Puis vient l'épilogue merdique : Superman abat le drone qui le surveillait et convainc le général de ses bonnes intention en déclarant (et je jure sur mes roubignoles que c'est ce qu'il dit dans la version française) : "Hey, mais je suis un gars du Kansas, plus ricain que moi, tu meurs."
J'ai hurlé devant ma télé.
Mais comme ça ne suffisait pas, la nana militaire qui accompagnait le général ajoute : "Je le trouve craquant."
Je suis sorti et j'ai frappé un chien.
Et puis allez, on finit le seppuku avec la dernière scène où Clark Kent déboule au Daily Planet et est engagé comme grand reporter, comme ça, en un claquement de doigts, juste parce qu'il avait besoin d'une couverture pour partir dans des endroits dangereux (l'école de journalisme et les diplômes, c'est pour les terriens).
Fin de merde.
Pourtant, je le répète, y'avait des bons trucs : la photo est très jolie, tout ce qui est Kryptonien est cohérent, les flashbacks sont sympas mais tout ça part en fumée dans le dernier quart du film. Et puis alors je vous passe aussi toutes les références christiques qui hantent le film : la barbe (non parce que comment il fait pour se raser Superman vu les couteaux ne le blessent pas ? quitte à être réaliste, allons jusqu'au bout), la confession dans l'église, le sacrifice, le père omniscient, "33 ans", etc. Tout ça, sans doute dans un souci de profondeur, pour "donner du sens" et pour s'acheter une crédibilité aux yeux des critiques pas trop curieux.
Clone m'avait demandé mon point du vue de "vieux fanboy", le voilà. Je sais bien qu'on a tous notre propre vision de Superman, c'est ça l'avantage (ou le désavantage) des super héros, mais là, outre le fait que le personnage est bafoué, il est mal raconté. Et celà aurait été tellement plus simple pour la suite s'ils n'avaient pas fait un truc "dark" ! Superman, c'est pas compliqué, c'est le héros solaire. Et ça, tout le monde l'a pigé, de Bruce Timm à Grant Morrison, en passant par Warren Ellis et même Richard Donner. Où est le soleil dans Man of steel ? Où est l'amour de l'humanité ?
Ces crétins nous ont pondu un Batman (ou Spider-man) bis, comme si tout bon super héros devait forcément voir mourir un de ses parents. Superman n'a pas besoin de ça. Superman est au-dessus de ça. Et c'est en cela qu'il s'oppose ou complète Batman. Ici, ce sont des clones. Ce qui ne présage rien de bon pour la suite... (remarque de vieux fanboy)
En conclusion : une chose me soulage un peu dans ce mini-désastre : mon fils qui était assez scotché par le film a éclaté de rire au moment de l'épilogue. Ouf.