À qui ne l'aurait pas vu :
spoilers, évidemment.
Sigurd a écrit :le truc qui me fatigue (et le temps qui passe n'arrange vraiment pas les choses) le plus dans le film, c'est cette espèce de critique de l'anthropocentrisme ("vous croyez vraiment être la seule race douée d'intelligence dans l'univers blablabla...") pour au final nous servir une vue ultra terrestre. Dans tous les sens du termes : du happy end risible (qui est le strict opposé de celui d'Interstellar)
J'ai trouvé la fin cohérente avec leur approche (comme l'était celle d'Interstellar), leur but étant ici d'offrir un récit d'émancipation personnelle sans pour autant céder aux obligations sociales qui viendraient avec le titre de "reine". Du coup, le retour à une certaine normalité met en perspective la vision que Jupiter porte sur le monde. La fin laisse cependant entendre que ça ne s'arrêtera pas là, en gros, Jupiter se prend le temps dont elle a besoin pour faire sens de tout ça, mais sa vie a irrévocablement changé. C'est un peu comme la fin pas finie du tout du premier Matrix... dans l'idée, c'est un palier vers autre chose. Si tu fais référence au fait qu'il est difficile de croire qu'une "reine" puisse se prendre des vacances, à la limite je peux comprendre, mais on ne nous dit pas ce qu'il advient des propriétés de Balem (partagées par le reste de la fratrie ? Transférées à Jupiter ? Saisies par le Commonwealth ? Si ça se trouve, ça fait partie des éléments traités dans la supposée suite...). Disons que pour moi, si on a accepté la lecture conte de fée, on peut assez aisément accepter ce raccourci final également.
Quant à la critique de l'anthropocentrisme, je ne suis pas certain qu'il s'agissait réellement d'un point si important, si ? Caine dit bien qu'il suit un protocole explicatif à ce moment-là. Ça sert seulement à couper court à la conversion avec un espèce d'argument d'autorité logique ("vous n'avez pas de nombre assez grand pour dénombrer les planètes").
Sigurd a écrit :ce discours pachydermique sur le capitalisme et la quête de profit. Voilà une préoccupation qui ne voit pas plus loin que le bout de son nez. Quand on nous dit 5 minutes plus tôt qu'il est naïf de résumer l'univers à la Terre et à l'humanité, c'est un peu con.
Comme souvent chez les Wachowskis, j'ai l'impression qu'ils proposent plusieurs niveaux, et que la critique dont tu parles n'en est que le tout premier. À la limite, les discours premiers de Speed Racer et Cloud Atlas ne sont pas moins simplistes, mais il y a plus à trouver sous la surface. Pour moi, j'ai été fasciné par toute cette réappropriation mythologique et mythique en vue de réagencer les codes narratifs (sans expliciter textuellement l'approche... même s'ils n'ont jamais été aussi près de le faire je crois). C'est comme dans Matrix : alors que le spectateur se focalisait sur la critique de l'IA en tant que danger, les Wacho déployaient un système d'analyse philosophique sur le rapport à la réalité, par exemple.
Au-delà de ça, l'exploitation de cette problématique capitaliste à l'échelle intergalactique n'est pas nouvelle, loin de là, et je trouve que les Wacho en présentent les principaux tenants et aboutissants sommairement certes, mais pas malhabilement... Manpower Incorporated dans la série Honor Harrington contrôle des douzaines de planètes et impose des directives commerciales dans des systèmes entiers comme bon lui semble. Je crois qu'il y a une entité similaire dans les romans Dune (me souviens pas du nom). En space op au cinéma, certains ont seulement effleuré la question (Avatar, Alien...), donc en l'occurrence, c'est même un peu rafraichissant pour moi.
Sigurd a écrit :Le cast est pratiquement intégralement mauvais (sauf Channing Tatum peut-être).
Sean Bean était assez cool je trouve, bien convaincant, avec sa nonchalance et son attitude un peu blasée. Les trois Abrasax m'ont pas dérangés non plus.
Sigurd a écrit :Le tout est censé se passer aux quatre coins de la galaxie mais à AUCUN moment on ne ressent la sensation de distance. Les vaisseaux "sautent" d'un endroit à l'autre comme on se gratte le nez.
Il me semble que ces bonds ont des limites : à la fin, ils sautent de Jupiter à la Terre (une distance relativement faible sur l'échelle cosmique), mais quand les Egides viennent sauver Caine en dérive dans le vide, ça leur prend quand même pas mal de temps de se rendre d'Horus, la planète mère, à chez Titus (un endroit indéterminé). Pareillement, Balem dit avoir "traversé l'immensité de l'espace" pour venir sur Jupiter, vers le début du film.
Sigurd a écrit :La musique est omniprésente, ne nous laisse jamais reprendre notre souffle.
C'est vrai... mais qu'elle est bonne !
Sinon, pour Kunis... dans mes bras, Sigurd !
