J'ai trouvé ça très moyen.
Y a vraiment beaucoup trop de problèmes d'écriture pour se délecter simplement de la mise en scène plutôt ludique de Bird. Le plus chiant pour moi, c'est que le film est une exposition de deux heures. On nous présente la World's Fair et Tomorrowland, on nous présente Casey, on nous présente Athena, on nous présente Frank adulte, on interrompt les expositions avec deux courses poursuites impliquant des robots (donc ces gus se pointent quand ils veulent et zigouillent des flics sans que personne, dans l'histoire de l'humanité, s'en soit jamais inquiété ? Wokay...), on fait décoller une fusée de la Tour Eiffel (une idée géniale... dans une histoire se déroulant à l'époque), puis c'est reparti pour encore plus d'exposition et un climax super bavard. C'est un film au rythme pas maitrisé du tout, avec des problèmes structurels bien étranges... À quoi sert Frank ? Athena continue de suivre sa programmation et trouve Casey, bon... pourquoi elle la laisse chez Frank ? À quoi cela sert-il de l'emmener à Tomorrowland ?
Bon sinon, dans l'idée, j'aurais adoré un film offrant un bel hommage à l'optimisme de l'âge d'or de la SF, pour ensuite proposer quelque chose de véritablement intéressant, d'unique, ou au moins de novateur, une autre piste pour l'avenir du genre. Sauf que ce n'est vraiment pas le cas... Tout le film baigne dans cette angoisse existentielle des baby-boomers selon laquelle le futur ne sera pas fait de voitures volantes et de jet-packs... c'est gentil, mais si c'était juste pour nous dire que la planète se crève, j'ai vraiment du mal à voir une finalité légitime dans cette histoire.
La logique de Nix est assez bizarre pour moi aussi... donc ils créent cette ville super-technologique dans une autre dimension, loin des politiciens et businessmen, en attendant de...? Le jour où ils voulaient se révéler au monde, qu'est-ce qu'ils aillaient faire ? Quel était leur objectif ultime ? Partager leur technologie avec la planète et laisser tout le monde venir chez eux ? J'ai vraiment du mal à voir où tout ça nous mène... (et donc sinon, Nix vit dans une dimension parallèle peuplée UNIQUEMENT de génies, qui partagent absolument tous ses idées, et sont prêts à laisser crever l'humanité parce que ça leur casse les burnes d'aider ? C'est pas exactement ce qu'il dénonce en condamnant l'apathie des humains à agir aujourd'hui pour sauver demain ?). À part ça, les mecs peuvent donc voyager à travers les dimensions ? Bien... y a quoi dans les autres ? Ils ont des technologies empêchant de vieillir et permettant de se téléporter, et ils n'en font rien. Avec des trucs pareils, on pourrait propulser l'humain vers les étoiles, mais non, ils sont persuadés que le mec lambda est trop con pour en être digne. Pour des génies, moi je les trouve un peu idiots, fin bon...
Si on veut parler d'optimisme science-fictionnel au cinéma récemment, il y a plusieurs films sortis après 2000 qui le font bien mieux que Tomorrowland : Sky Captain, Steamboy, Interstellar... ce dernier par exemple part du principe dystopique si subtilement dénoncé par Lindelof et Bird pour évoluer vers une proposition de science-fiction optimiste à travers des rouages que personne n'avait exploré au ciné avant. Vous allez me dire que Bird est meilleur metteur en scène que Nolan. C'est certain. Mais en termes d'audace d'écriture et d'exploration du genre, c'est infiniment plus intéressant. Si on ajoute à ça le fait que Tomorrowland balance 15 tunnels de dialogues pour expliciter une idée somme toute très simple (au cinéma, mieux vaut montrer qu'expliquer, non ?). Puis bon, cette charge contre les dystopies mouais... c'est oublier que la vaste majorité d'entre elles se terminent sur un avenir plein de promesse ou d'espoir : Children of Men, Sunshine, Wall-E...
Le film est loin d'être dénué d'intérêt hein, c'est juste qu'il essaie de se donner une portée qu'il n'a tout simplement pas. Y a quelques très bonnes idées qui parsèment le récit, comme la maison super ludique de Clooney, cette superbe scène de décollage dont l'onde de choc désactive tous les smartphones environnant, comme pour enrayer cette nécessité moderne d'enregistrer les événements historiques pour les inscrire dans le passé avant même qu'ils aient eu la chance de se transformer en mythes annonciateurs du futur.
Bref, y avait surement un très bon film caché quelque part là-dedans. Mais c'est pas ce que j'ai vu.