Le problème avec Tomorrowland (le lieu), c'est que ça manque grandement de cohérence : Nix, déjà dans les hautes sphères y a 50 ans, aurait voulu construire cet endroit pour ensuite en faire profiter tout le monde ? Ok. Mais donc, quand il change d'avis à la dernière minute et préfère laisser tout le monde crever, personne ne réagit ? Pas un seul des scientifiques et artistes géniaux habitant Tomorrowland ? Les plus intelligents êtres humains sont donc tous des connards condescendants préférant rester en autarcie ? Et pour des gens super intelligents censés fuir la politique, ils savent pas qu'il y a quand même rien de mieux que d'avoir un gouverneur à qui les pleins pouvoirs ont visiblement été conférés pour se retrouver dans le même genre d'impasse ?Xidius a écrit :Pour Nix, on est clairement face à un tyran qui préfère garder pour lui ce qui a le plus de valeurs à ses yeux du reste d'un monde qu'il a fini par mépriser et dont il projette la fin.Arkaron a écrit :Quel était leur objectif ultime ? Partager leur technologie avec la planète et laisser tout le monde venir chez eux ? J'ai vraiment du mal à voir où tout ça nous mène... À part ça, les mecs peuvent donc voyager à travers les dimensions ? Bien... y a quoi dans les autres ? Ils ont des technologies empêchant de vieillir et permettant de se téléporter, et ils n'en font rien. Avec des trucs pareils, on pourrait propulser l'humain vers les étoiles, mais non, ils sont persuadés que le mec lambda est trop con pour en être digne. Pour des génies, moi je les trouve un peu idiots, fin bon...
En ce qui concerne Clooney & le reste, je pense que l'objectif de Tomorrowland est d'être un laboratoire géant, dont les habitants ont les conditions parfaites pour pouvoir créer et innover en toute liberté sans aucune forme de stress, afin que leur esprit ne soit pas perturbé par d'autres formes de considération plus banale.
Sur la finalité du truc, je les vois bien par exemple par la suite créer une machine pour enrayer le réchauffement climatique (qui transforme les gaz à effet de serre en composant inoffensif pour la chaleur terrestre). Le but n'est pas à terme de ramener tout le monde vers Tomorrowland, mais que Tomorrowland soit un lieu d'innovation au service de la Terre. Enfin c'est comme ça que le vois.
Sur la question du voyage inter-dimensionnel, je me suis aussi posé la question pendant le film.
On peut notamment se demander la nécessité d'un dispositif aussi massif que la Tour Eiffel alors qu'ils arrivent déjà à se téléporter de part et d'autre de la planète précédemment et qu'avec une puissance supérieure ça suffirait sans doute pour aller à Tomorrowland, mais c'est l'occasion d'en mettre plein la vue au passage (et qu'est ce qu'est cool, c'est la TOUR EIFFEL !!!)
Après, je pense que pour Lindeloff, et Bird, dans la logique du film du moins, une autre dimension diffère très peu de la nôtre, visiblement c'est juste une terre alternative, aux propriétés semblables, ni plus ni moins.
Je comprends que ça dérange mais en soit, ça ne me dérange pas.
Et quand au parallèle avec Interstellar, je vois pas en quoi ses péripéties de séries B sont plus intéressantes que celles de Tomorrowland (Une vague géante et un connard perfide sur une planète de glace, c'est quand même moribond à creuver), d'autant que l'écriture verbeuse de Nolan est bien plus rigide que celle de Bird & Lindeloff. Quand Clooney ou Laurie causent, c'est pour mettre en place une mythologie (tour eiffel again, ce qui s'est passé à Tomorrowland entre temps), pas pour expliciter en long en large et en travers des concepts de peur que le public ne le comprenne pas par l'image (le Tesseract d'Interstellar, où Nolan ne fait pas confiance en ses propres images alors que Matthew volant au dessus des chambres de sa fille étant infiniment plus facile à comprendre que les 10 minutes d'explication quand il arrive.)
Conceptuellement, je trouve que donner vie à cette idée est une erreur, car elle n'a pas de véritable sens pratique. C'est un fantasme, un espère d'idéal méritocratique constitués de gens se déclarant plus à même que la masse de sauver l'humanité... C'est une vue assez biaisée des avancées technologiques, car les découvertes dans le secteur spatial n'ont jamais été aussi importantes que lorsque la politique menait la barque (dans les années 1960, l'alunissage et tout ça, ça serait jamais arrivé si Kennedy voulait pas prouver la supériorité des Américains sur les Soviétiques) ou quand des industriels y voient un profit (et James Cameron l'a bien compris, lui qui s'allie avec le PDG de Google dans l'espoir d'aller miner les astéroïdes au nom d'entités privées et commerciales). Le progrès scientifique ne découle pas tellement du désir, mais beaucoup du besoin (biologique, économique, politique...). Donc oui, l'idée de Tomorrowland est séduisante, mais elle doit uniquement rester ça selon moi, une idée. La mettre en scène, je trouve que ça n'a pas beaucoup de sens, car ces scientifiques géniaux ne prennent pas en considération le fait que l'homme invente un nouvel outil de survie quand il en a besoin, et parce que baser toute une histoire sur le fait qu'une utopie créée par des gens motivés par une abnégation sans bornes puisse devenir un régime tyrannique misanthrope ayant perdu tout espoir en moins d'une demi-siècle, c'est franchement très difficile à croire.
Alors oui, c'est sûr, la politique et l'économie empêchent aussi certains progrès, c'est indéniable... et ça peut être un problème important, mais l'un ne va pas sans l'autre.
La comparaison avec Interstellar, il faut la prendre au bon niveau. Les péripéties du style vague géante, c'est comme les courses-poursuites avec les robots dans la maison de Clooney : ce sont juste des péripéties. Je parlais au niveau de l'utilisation des codes du genre : Nolan commence son film comme une dystopie quasiment achevée (la Terre est quasiment morte), et au travers de son histoire, amène les personnages à comprendre que l'univers leur offre une autre possibilité, exploitable s'ils veulent bien embrasser une nouvelle vision de la physique (tant au niveau théorique, avec la 5e dimension, qu'humain, avec la rationalisation de l'amour, pour arriver à cet hybride de naturalisme de SF romantique). Bref, c'est des trucs qu'on avait pas fait au ciné avant. Dans Tomorrowland, je suis désolé, mais ça fait un peu sermon d'une part, et ça ne propose rien dans l'exploration du genre d'autre part (ou alors je l'ai raté).








