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par cbastie » mer. mars 18, 2009 7:39 pm
Depuis qu’il a réussit à prouver qu’il était un réalisateur à part entière, chaque nouveau film de Clint Eastwood est un évènement, il nous faut tout de même garder un regard objectif sur l’œuvre du maître. Il nous revient aujourd’hui avec un scénario de l’ancien journaliste J. Michael Straczynski basé sur l’histoire vraie de Christine Collins. Cette mère de la banlieue de Los Angeles dont le fils a disparu et à qui la police va remettre un enfant qui n’est pas le sien. Le récit nous invite à suivre cette mère désabusée dans son combat pour la vérité, combat dans lequel elle pourra s’appuyer sur l’aide du Révérend Briegleb, parfaitement incarné par John Malkovich.
Dès les premières minutes du film, le style Clint Eastwood est amplement perceptible : de larges plans, de longs travelings et la photographie magistrale de Tom Stren la dirigeant sur tous les films réalisés par Clint. Tous les codes du cinéma hollywoodien sont aussi présents, le film parait dès lors d’un classicisme étonnant, frôlant souvent les banalités cinématographique mais toujours avec discernement, comme en guise d’hommage. Le film sonne en effet comme un vibrant tribut de l’enfant d’Hollywood au cinéma, une preuve de plus de l’attachement du réalisateur à son parcours. Malheureusement la plupart du scénario est elle aussi codifiée, aucune surprise ou prise de risque scénaristique, on suit lentement la route tracée du récit.
Tout cela a au moins le mérite de poser la question des bandes-annonces et de leur utilité, en effet si on subit la majorité du film il y a de grandes chances qu’elles en soient les principales responsables. Elles dévoilent beaucoup trop de l’histoire, trop de rebondissement pour qu’on vive pleinement cette première heure que l’on connait déjà sur le bout des doigts. Heureusement un élément majeur et inattendu va venir réveiller le spectateur, avec succès pour certains ou en vain pour d’autres.
Malgré un scénario plutôt convenu, le film reste brillant grâce à sa principale qualité qui réside dans les prestations des acteurs, Angelina Jolie en tête, tout simplement méconnaissable dans ce rôle qu’elle incarne avec ferveur. Ne négligeons pas non plus les autres comédiens (Jason Butler Harner, Jeffrey Donovan et les enfants) qui nous offrent des interprétations exceptionnelles. La bande sonore plutôt effacée laisse toute la place à leur jeu, sublimé par la caméra d’Eastwood. Les personnages sont également assez complexes et contrastés pour que le film ne sombre pas dans un manichéisme caricatural ; et le spectateur reste donc libre de son jugement.
A l’aide d’une mise en scène classique et d’éléments traditionnels du cinéma américain, le film réussit à magnifier l’interprétation des acteurs ; certains y verront un film prétentieux surtout destiné aux oscars, d’autres le verront comme un témoignage conservateur de l’ancien cow-boy au cinéma qui l’a élevé au rang d’icône. Un film qui restera pourtant insipide dans la filmographie plus transcendante et moins académique du maître Eastwood.
