Don't Go Breaking My Heart (Johnnie To, HK/CN, 2011)

Une comédie romantique signée Johnnie To et, co-production avec la Chine oblige, parlée en mandarin avec une actrice chinoise dans le rôle principal. J'ai eu quelques problèmes de crédibilité, surtout dans la première partie du film (les mêmes personnages se croisent constamment par hasard à Hong Kong...), mais au second degré cela fonctionne un peu plus. Il y a de superbes idées, principalement par la communication à travers les fenêtres des bâtiment (les protagonistes travaillent dans des immeubles voisins), mais le film pêche un peu par sa redondance et son manque de folie. J'ai connu To et le cinéma hongkongais un peu plus délirants. Je reste quand même curieux de voir la suite - la dernière réalisation de To en date -, surtout qu'ils parlent déjà d'en faire un troisième (oui, les films furent des cartons au box-office).
Visitors (Godfrey Reggio, US, 2013)

Le nouveau film du réalisateur de la trilogie -qatsi, encore une fois accompagné de la musique de Philip Glass, sans qui ces films perdraient une grande partie de leur force.
Visitors reprend le même mécanisme que les précédents films de Reggio, à savoir qu'il s'inscrit dans une pratique documentaire expérimentale de type associatif (c'est au spectateur de créer le rapport entre les scènes) - l'exercice ici réside dans l'alternance de plans sur des visages et des paysages désertés. Visuellement, le film est sublime, la photographie jouant énormément sur les contrastes du en noir et blanc de l'image, mais "narrativement", c'est beaucoup plus hermétique qu'un
Koyaanisqatsi, où le discours paraissait plus limpide. Par conséquent, j'avais l'impression de tomber dans la sur-interprétation, apportant du sens là où il n'y en avait pas forcément. Même si je n'ai pas vu le film défiler, j'ai quelque peu décroché sur la dernière partie, principalement tournée dans la nature sauvage de Louisiane. Il y a quand même 2-3 plans absolument magnifiques, notamment au début, lorsqu'un lentissime travelling glisse, en accéléré et en contre-plongée, sous un bâtiment, lui conférant une allure de vaisseau spatial dérivant sur le ciel en constante mutation. Bref,
Visitors possède de beaux moments mais ne s'avère pas aussi hypnotisant que les précédents films de Reggio.